dimanche 21 mars 2010
réunion du jeudi 18 03
mardi 16 mars 2010
Un bel endroit pour une rencontre (I).

D'un espace à l'Autre il y a franchissement, je se dépouille de « me » pour cet Autre. Il porte une veste de velours trop étroite sur une chemise grise au bouton du col fermé, un pantalon de toile marron, de vieilles chaussures. Sur le nez se tient une paire de lunettes rondes à monture de fer blanc. Sous le bras collé au corps, tel un rempart, un point d'ancrage, une sacoche. Elle contient de nombreux livres aux pages usées, nombre de feuillets annotés (papiers jaunis, froissés, format A4, recouverts de boucles tricotées d'un fil d'encre noir), quelques stylos, un carnet noir, un sandwich jambon-beurre-cornichons emballé dans un papier d'aluminium et une pomme.
L'homme a un peu plus de trente ans. Il est chauve, le visage rond, un regard qui vacille de l'étonnement à l'apeurement. Il peut sourire béatement. Le corps tordu de nodosités, il a pourtant le charme des hommes maladroits.
"C'est la première fois que je prends le train. Un long voyage m'attends. Je vais à l'extrême du continent : Lisbonne. Pour dire vrai j'ai peur, peur de me perdre dans la ville, peur de ne pas pouvoir me faire comprendre, même si je sais que là-bas je suis attendu. Ce n'est jamais facile de partir de chez soi, surtout lorsque c'est la première fois. J'ai laissé maman, ma chambre, mon lit, ma table et mes livres... Je suis étudiant en lettres modernes."
"Avec maman on vit tous les deux. C'est qu'elle ne s'est jamais remise de la mort de papa. Il travaillait pour une usine de câblage. Il était magasinier. Après maintes demandes, Il avait obtenu du contremaître l'autorisation de passer son permis pour conduire des Clarks. C'était son rêve. Je me souviens ; il nous racontait au repas du soir les folles courses qu'il menait avec ses collègues dans les allées du hangar. A chaque jour son parcours : l'Albert Park, Détroit, Enzo et Dino Ferrari d'Imola, circuit Gilles Villeneuve de l'Ile Notre-Dame, Monaco... Bref à chaque jour sa course, son pilote : Graham Hill, Jackie Stewart, Jim Clark, Niki Lauda, Alain Prost, Ayrton Senna... Putain il s'y croyait! Et nous avec. Ma mère et moi, on l'écoutait nous décrire les trajectoires, les virages en épingle, la longue ligne droite de l'Allée A pôle C, les dépassements, les chicanes (un espace de la largeur d'un chariot élévateur délimité par deux palettes). Jusqu'au jour où... Trois mois après sa promotion... Il rejouait la course du 1er mai 1994, celle d'Imola, San Marino, qui avait vu la mort de son héros, Ayrton... Il effectuait une remontée spectaculaire dans la longue ligne droite de l'Allée A pôle C, tout prêt qu'il était de dépasser son redoutable collègue Gérard quand la fourche gauche de son Clark SF15L emporta un des montants du rayonnage chargé de bobines de fils de câblage FCC5... Gérard et lui furent tués sur le coup."
La maman de Fernand ne s'en est jamais remise. Fernand se souvient :
"La première chose qu'elle fît au retour du cimetière, elle n'avait pas encore ôté ses chaussures, ni son manteau, c'est de dénouer le noeud qui retenait le foulard noir qu'elle avait sur la tête et d'en recouvrir le poste de télévision. C'en était fini des Grands Prix de Formule 1 le dimanche après-midi sur le petit écran. Le silence ne fût pas imposé au seul téléviseur, elle se l'imposa, me l'imposa. J'ai bien tenté de lui parler, de la faire sourire, de la consoler, mais en vain. Elle me regardait, prenait mon visage dans ses mains, esquissait un sourire qui n'en était pas un, tant son regard noir et humide le contrariait, elle déposait sur sa bouche l'index de sa main droite : « Chut! ». Elle implorait. Elle a pleuré, pleuré, crié... Jamais devant moi. Du fond de mon lit je l'entendais. Puis les cris, les grincements dents, les pleurs ont cessé."
"Il y eu cette femme. Celle aux long cheveux noirs lumière - de l'interstice des doigts d'une main elle créée des boucles qu'elle assemble au sommet de sa tête, de l'autre main elle saisit l'épingle pincée entre ses lèvres qu'elle plante telle un banderille pour tenir le tout. Des mèches de cheveux s'affolent sur le front, la nuque, les épaules. Elle, au doux ovale incliné, yeux noirs souriants, bouche friande, de trois vêtements acheté à bas prix au super-marché, se créée élégante... "
Mais cette femme ne fût-elle jamais?
Il est nié de s'être interdit de l'imaginer, comme si il était interdit de se l'imaginer.
.../...
Eric
Salut à vous bastards obéissants
mardi 9 mars 2010
Salut à vous psychanalystes chevronnés et bastards amateurs Réunion du 7/03/2010
La lyre de Lear
mercredi 3 mars 2010
Aux Bastards réunion du 28/02/2010
ECOUTEZ!

Blogtanski

- « Ma grand-mère, qui était vraiment remarquable, est devenue infirmière pendant la première guerre (…). Quand mon père a eu dix-sept ans, ELLE L'A FAIT S'ENGAGER A LA GUERRE, en lui disant : « Si tu ne reviens pas avec la croix de guerre, tu n'es pas mon fils! ». C'étaient donc des gens qui avaient un très grand désir d'intégration ». (…) L'histoire dit que mon père avait besoin de religion. » (P14). No comment!
« Ma mère aimait beaucoup voyager, donc on partait en voyage, en dormant dans la voiture, à cinq personnes dans la même voiture. (…) On dormait dans les rues. (…) On a dormi dans la rue aux Etats-Unis, sur la place du Bolchoï, partout dans le monde. Nous ne faisions pas ça pour des raisons économiques, mais parce que ma mère avait beaucoup de mal à entrer dans un hôtel (…). On restait comme ça un mois en vacances, sans se laver. On était en haillons, on sentais mauvais, ça provoquait toutes les histoires qu'on peut imaginer! Mon père, qui était spécialiste d'hygiène, avait une théorie que je pense vraie, et que j'ai gardé pour moi-même : « Il faut être sale dans un monde propre », car la saleté protège. Il faut vivre dans un monde propre, mais il faut soi-même être sale, pour ne pas attraper des maladies ».
Je garde la proposition du père de Boltanski de s'essuyer les mains dans les cheveux, pour avoir de beaux cheveux, disons dans mon cas avoir un crâne brillant. J'imagine le dialogue :
- «Vous être brillant Monsieur! »
- Et moi la tête baissée : « N'est-ce pas? ».
Eric
Dialogue d'une scène à l'autre.
En voilà des manières!
Qu’est-ce que c’est cette façon de vouloir faire le voyou, le « bastard » avec Freud et l’autre ?
Ça passe par Rimbaud, Tarantino et l’enfant entêté. Ça passe dabord par F.F Coppola et son Godfather.
Mon premier contact avec la vie en collectivité a été un peu rude. A cinq ans, j’ai débarqué de ma province. Les parents n’avaient pas encore trouvé d’appartement. Provisoirement, j’ai été en pension ; trois mois. Je ne savais pas ce que c’était l’école, je n’avais jamais quitté ma famille. J’étais un peu rebuté par les consignes autoritaires, et j’allais souvent à rebrousse-poils. Un jour, la maitresse m’a dit : « En voilà un genre ! » Je ne me souviens pas ce que j’avais fait. Sûrement quelque chose qu’il ne faut pas faire.
Le Parrain est une saga qui montre la lutte insensée et meurtrière des hommes entre eux, pour la transmission et la conservation de la Puissance. Tous les coups sont permis. Ça soulage. Dans le Parrain 3, au moment où ça commence à déconner pour Michaël Corleone, le fils du Parrain-Brando, le fils d’un de ses frères, assassiné par une bande rivale, fils hors-mariage, bastard, Vincent, prend les choses en main. Littéralement : il se la tient dans la main, d’un geste très méditerranéen, qu’on ne voit guère dans nos latitudes psychanalytiques, où il n’est question que de ça… Ce geste emblématique que j’ai montré à certains sur le dvd, est précédé deux fois du mot « bastard », et bientôt suivi encore une fois du mot « bastardo » qui déclanche pour de bon les hostilités avec Zaza ,qui traine Corleone dans la boue, derrière son dos.
J’ai tendance à penser qu’à ses débuts, et tout au long de sa vie, Freud a été traité et trainé comme un bastard . En voilà un genre ! Dire des choses pareilles… Hitler et ses camps étaient bienvenus pour ce genre de racaille. La plus part des lectures, sinon toutes, effacent cette face des choses. Il faut aussi imaginer que derrière l’amour de Freud pour l’autre, derrière ou à côté, de l’autre côté, de l’Autre, il y a une lutte à mort pour la Puissance entre F et F, que Freud ne perçoit pas d’abord, et dont Emma Eckstein fait les frais. Ça prend très cher cette histoire.
Alors, si on veut mettre ça sur scène, en scène (en càd : dedans), il faut montrer un peu le bout de son nez, et le bout d’autre chose. C’est pour ça que le geste de Vincent dans Parrain 3 (ch 4) me va bien. Ça montre qu’il y a quelque chose qui déborde. Qui déborde là, à cet endroit-là, comme ça déborde dans les fosses nasales de la petite. On ne peut plus se contenter, si on accepte ce point de vue, de lire ça peinard, dans le meilleur des cas !, ou en ânonnant les phrases comme un élève discipliné, un peu géné parce qu’il ne comprend pas ce qu’il lit. Il faut mettre les moyens, les inventer, les trouver, mettre du feu sous la casserole.
Les impros sont un pont jetté vers la possibilité du mouvement, vers la découverte de ce dont le corps et la voix sont capables, à partir du moment où ils ne sont pas soumis à un texte toujours canonique. Petit à petit avec ces impros, on va s’approcher du cœur de l’affaire. Peut-être va-t-on réussir la rencontre entre les lettres et la scène. Peut-être pas.
C’est aussi pour ça que je vous demande d’imaginer quel serait votre costume de bastard, et quels seraient vos accessoires. Je ne dis pas qu’on va en rester là, à une « coppolation » des lettres de Freud. Mais il faut sortir de nos écoles-psy, comme des sales gosses que nous voulons retrouver. C’est une tentative d’imagination que je vous demande, pour donner corps à ce fait : du sexe en lettres et en scène. Ça concerne aussi le grain et le débit de la voix. S’il y a de l’Autre-scène, va falloir un peu se bouger pour y aller.
Et comme disait John Cassavetes « Come on baby, show me something ! »
Je suis vraiment content, excité, gourmand de tout ce qui se fait là. On a pas fini de rigoler, ni de voir ce qu’on va voir.
A vendredi. Apportez vos musiques. On retravaille l’impro sur « Eric est malade », sans Eric, absent, et avec d’autres. « Eric » n’est pas malade, c’est un bastard. C’est une maladie insupportable. Go !
Aux Bastards réunion du 16/02/2010


Chers amis Bastardiens
Taupe: grande sortie de Françoise : " J'étais Emma Eckstein "
Dans les impro reprise: Emma Eckstein-Françoise rencontre un chirurgien réparateur-Bernard qui ne sait pas très bien ce qu'il fait dans le scénario.
ensuite , Emma-Estelle venue à Londres chez Freud après avoir appris sa mort rencontre un psy- Eric qui là encore n'a pas de place dans la consigne donnée
trop vague, pas assez ciblée ou qui ne tient pas la route. Très belle colère d'Eric qui exprime notre trouble face à des scénarios à 2 ou plus qui, impro oblige, sont très rapidement mis en place et ne laisse, du coup , de place qu'à l'un des personnage. Faut-il plus de mise en scène? faut-il plus d'élaboration dans les coulisses entre les acteurs? nous approchons nous de l'élaboration d'un texte? simple question d'un travail en commun?
Scène rejouée.
" est-ce qu'il a laissé quelque chose pour moi ?" demandait Emma-Estelle à Freud.
enfin , belle non rencontre entre Emma-MarieJeanne effondrée et Anna F-Françoise roublarde et pas trop affectée mais plutôt apparachtique.
Pour les prochaines fois Pierre nous demande de penser à des costumes et accessoires pour les personnages
Il demande également que l'on pense à intégrer la scène de la lettre à la visite d'Emma E chez Freud.
Prochaines réunions jeudi 25 fev et dimanche 7 mars
La soupe avait du gout, les différents vins aussi, les fromages et le dessert ont été engloutis goulument.
Votre dévouée secrétaire, élue perfidement sur liste unique en son absence!!!!!
Aux Bastards réunion du 11/02/2010
Salut à vous sales Bastards que vous êtes, petits et grands, absente et présents
- jolie taupe ritournelle où nous nous sommes regardés et même fait des choses ensemble.......
-"se présenter à deux" intensité et profondeur du regard derrière lequel........
- découvrir une lettre qu'on attend avec angoisse et qui apporte une nouvelle qui nous bouleverse
-la fameuse attente à la gare qui n'a été que cacophonie peu productive à part le fait que les apprentis acteurs
étaient très contents d'être là.Aucun de nous n'a retrouvé son personnage et un nouveau comique en Bernard
a pris le dessus sur les autres.
Pierre était un peu déçu de sa soupe qu'il trouvait fade!!!!!!!
Désolée pour la brièveté du résumé , je suis presque déjà à Londres
Estelle
Aux Bastards réunion du 06/02/2010
Luxembourg le 08 du 02 de 2010
Chers amis absents et même à ceux présents le samedi 06 Février
Il a été suggéré ce jour-là, une petite bafouille de compte-rendu, commentaire de la "séance" pour les absents et le souvenir.
Je m'y colle pour ce jour :
- L'habituelle et délicieuse taupe semble avoir ravi Pierre par sa modulation sonore ventriloque.
- Retour en force de la lecture des lettres qui ne nous occupaient plus beaucoup ces dernières fois et l'appréhension du texte par une lecture" au hasard de l'ouverture du livre" nous a tous ravis, conquis, enthousiasmés, accrochés voir même motivés. HOUAHHHH........Jolie lecture chacun pour soi mais tous ensemble.
- Nicole nous a brillamment interprété une nouvelle d'A Tabucci tirée de "rêves de rêves" où il est question du dernier rêve de S Freud, à Londres, la veille du jour dont il ne sait pas encore que cela sera le dernier et oû il est Dora
Ce fut jubilatoire.......
Dernière cession qui nécessite un petit retour :
- Avant-dernière répétition 4 personnes avec Sieur Pierre qui jouent avec une intensité dramatique l'attente sur un quai de gare d'une personne qui n'arrive pas. L'un son fils qui est au front, l'une un petit garçon de huit ans qu'elle a quitté la veille, l'une encore un homme avec lequel elle écrit et la dernière une mère qu'elle n'a pas vu depuis 15 ans. Moi-même, absente la fois d'avant, j'entre la première en scène commis qui attend le Dr S Freud qui doit faire une conférence.
Le ton vire peu à peu à la comédie, puis au vaudeville, cassant totalement dans un burlesque grandissant l'ambiance intense et dramatique de la scène.
Sieur Pierre essaye en vin, en vain, de faire rejouer aux autres leur drame.
A suivre
Le repas qui suivit fut des plus agréable
Estelle de la troupe Bastards
Pierre nous demande... Alors on a dit : "oui!"
Message du Samedi 31 octobre 2009. Confirmation si nécessaire de notre rencontre de ce prochain mardi à 21h au 14, rue Lentonnet 75009 Paris.
Pierre nous demande d'amener une recette de cuisine (il n'est pas nécessaire de venir avec son gros volume La Bonne Cuisine Française de Marie-Claude Buisson, une fiche détachée de la page recettes de Femmes actuelles sera bien suffisante), du manuel d'utilisation d'un électroménager (celle du séchoir à cheveux est trop simple, celui du déjà obsolète magnétoscope programmable c'est mieux) ou encore une notice de médicament (soyez prudent quant au choix, une notice d'audi-spray pour un psychanalyste ça ne le fait pas!). Ne me demandez pas l'usage que souhaite faire Pierre de ces précieux documents.
« On ne s'attaque pas à la correspondance Freud-Fliess comme cela.! », me suis-je dit. « On y entre peu à peu, à petits pas... Un trop de lecture de l'écrit freudien sans trop de préparation peut s'avérer dangereux... », n'oubliez pas que de cette aventure épistolaire (lettres écrites tard dans la nuit après une plus ou moins longue journée de labeur, c'est que Martha était occupée à endormir les petits et que la télé n'existait pas encore... Il fallait bien s'occuper.) fût chamboulé le cogito : « Je pense donc je suis ». Tu parles!
Comme annoncé lors de notre dernière rencontre je prévois de quoi nous sustenter.
Eric